Jean Pinet, grande médaille de l’Aéro-club de France en 2019

Jean Pinet et la maquette du Concorde © DR.

Pour beaucoup de jeunes générations, le nom de Jean Pinet n’évoque pas grand chose. Le monde de l’aviation – et plus particulièrement celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire du Concorde – est plus familier du nom de cet ingénieur toulousain né le 13 septembre 1929. Ingénieur Arts et Métiers (1946), major de promotion à l’ENSAM (Angers 1946) et de Sup Aéro (1952), ingénieur civil de l’aéronautique, Jean Pinet est également pilote de chasse qualifié en France et aux États-Unis (1954), ingénieur navigant d’essai (1957), pilote d’essais expérimental (1958) mais surtout pilote d’essai sur le Concorde, dont on fête le cinquantenaire en 2019. En 1965, il rejoint l’équipe d’essais en vol en Concorde sous la direction d’André Turcat. Il y devient responsable de la mise au point des qualité de vol de l’avion. Le 1er octobre 1969, il est le premier pilote à franchir le mur du son avec le supersonique. Il fait partie du cercle fermé des pilotes d’essai français du Concorde, avec André Torcy, Jacques Guignard ou encore Gilbert Defer. Jusqu’en 1985, il est rattaché au programme Concorde, tout en étant instructeur pilote de ligne (1976).

Parallèlement, il fonde en 1972 le centre de formation Aéroformation d’Airbus Industrie – aujourd’hui Airbus Training – centre qu’il dirige comme administrateur-gérant jusqu’à 1994.

Avec 6.000 heures de vol sur plus d’une centaine d’avions différents, avec parcours et ses compétences aéronautiques, Jean Pinet devient président de l’Académie de l’Air et de l’Espace (1989-1991), après avoir été vice-président (1985-1989). Il est ensuite Secrétaire général de l’institution (1991-2003) et membre émérite (2004).
Les causes humaines accidents aériens reste un sujet primordial pour lui. Le 30 juin 2011, il soutient avec succès et la mention « très honorable » une thèse de doctorat à l’université Toulouse-Le Mirail, thèse portant sur le comportement des pilotes et intitulée « Traitement de situations inattendues d’extrême urgence en vol : test d’un modèle cognitif auprès de pilotes experts » [1].

Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, titulaire de la médaille de l’Aéronautique, Jean Pinet recevra le 6 février 2019 la Grande médaille de l’Aéro-Club, distinction remise par Patrick Gandil, directeur général de l’aviation civile (DGAC) au ministère de l’Écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire.

« Concorde passe le mur du son soixante ans seulement après la première traversée de la Manche, c’est vertigineux quand on y pense ! Comme Louis Blériot avant lui, l’Aéro-Club de France a donc le plaisir de décorer Jean Pinet de sa Grande Médaille. » [Catherine Maunoury, présidente de l’Aéro-Club de France]


[1] « Du Concorde à la thèse » La Dépêche du Midi, 2 juillet 2011.

Billet daté du 5 février 2019


« L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner. Il explique » [manifeste Liberté pour l’histoire, 2005]

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